Un peu au Nord de Punta Arenas se trouve la région nommée « Ultima Esperanza ». Voilà, je ne peux pas dire que je n’ai pas été prévenue ;-)
J’arrive donc à Puerto Natales, ville principale de cette région désertique, dans l’intention d’aller visiter le parc Torres del Paine, situé un peu plus loin. L’activité majeure de ce parc est bien sûr la randonnée, notamment le circuit nommé le « W ». Ce nom vient tout simplement de la forme du parcours du circuit de 70 km, qui est donc… en W. Il faut cinq jours pour le parcourir, dans des conditions climatiques qui peuvent être extrêmes. Je ne suis pas très rassurée par le fait de partir seule, mais suite à la rencontre de voyageurs qui en reviennent, je sais que c’est possible.
Je me rends donc à une réunion d’information gratuite qui a lieu tous les jours à 15h pour essayer d’y voir un peu plus clair sur le parcours et l’organisation logistique. A la fin de la réunion, le projet me semble réalisable, seul le poids du sac à dos me fait encore un peu hésiter. Une fois la réunion achevée, je vois une jeune femme seule. J’entame la conversation et, ô miracle, elle est dans la même situation que moi : elle veut vraiment faire cette randonnée mais n’aime pas trop l’idée de la faire toute seule. Ni une ni deux, nous voilà partenaires pour les jours à venir ! Elle s’appelle Andrea, est Australienne et entame un voyage d’un an en Amérique du Sud. Ce qui est assez drôle, c’est que nous découvrons que nous sommes aussi voisines de dortoir ;-) La journée suivante est consacrée à l’organisation : location du matériel (tente, réchaud, etc.), achat de la nourriture, préparation des sacs à dos.
Le lendemain aux aurores, nous voilà parties pour cinq jours de trek ensemble. Nous sommes bien conscientes que nous jouons quitte ou double. Nous pouvons nous entendre à merveille, comme nous pouvons nous taper dessus dès le premier soir… C’est l’aventure à tous les niveaux !
Le début de la rando est une véritable épreuve puisque nous partons sous une pluie battante. Notre premier objectif est le glacier Grey (le premier « bras » de la lettre W) et nous marchons donc en silence vers cette destination. Les paysages sont étranges. Fin 2011, un touriste a malencontreusement mis le feu au parc, et ce sont plus de 14 000 hectares qui sont partis en fumée. C’est dans cette zone que nous progressons, dans un paysage automnal…
Finalement, le temps se découvre et nous arrivons sèches au Lago Grey.
Encore un peu de marche et nous voilà au pied du glacier, immense :
Ce soir, nous prenons notre dîner dans le restaurant tenu par le refuge. Cela nous permet d’économiser un peu de poids (un repas en moins à porter) même si c’est un luxe (40$ le repas !). Finalement, c’est une très bonne idée car nous faisons connaissance avec nos voisins de table que nous retrouverons tout au long de la randonnée : un couple franco espagnol, un Ecossais et un Américain. La conversation à table est assez décousue avec un mélange de langues tout à fait improbable… A l’heure d’aller se coucher, c’est dur de quitter la chaleur du refuge pour retrouver notre toute petite tente…
Le lendemain, nous marchons en direction du second bras du « W ».
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| pas la peine de porter de l'eau, ici, on boit celle des glaciers ! |
Troisième jour, nous montons le bras central du « W ». 2h30 de grimpette mais assez facile, puisque nous laissons nos sacs à dos au camping. Cette vallée s’appelle « Valle del Francés » et nous étions prévenues : s’il fait beau, il faut absolument y aller, par contre, si le temps est couvert, autant passer notre chemin, nous ne verrions rien. Par chance le temps est radieux aujourd’hui et c’est le cœur léger que nous nous dirigeons vers les sommets.
Au fur et à mesure que nous avançons, nous découvrons le panorama sur le bas de la vallée :
puis un glacier :
Premier point de vue, le mirador francés.
Même si la journée promet d’être longue, puisque nous devons redescendre, récupérer nos sacs à dos et marcher jusqu’au prochain refuge, nous décidons de continuer à monter dans la valle del francés, c’est trop beau !
Et nous sommes largement récompensées, nous arrivons dans un cirque, surmontés de montagnes enneigées.
Quelques heures et ampoules plus tard, nous arrivons au refuge, qui se situe au pied de ces montagnes :
Et ce soir, c’est un peu fête puisque nous avons à nouveau un bon repas chaud qui nous attend et que nous retrouvons nos amis polyglottes du premier soir.
Avant dernier jour, nous rejoignons le dernier bras du « W ». Le lever de soleil est fantastique, juste après une grosse pluie :
La journée est encore, finalement, très belle :
Arrivées dans le dernier bras du « W », le temps se gâte.
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| euh, il faut vraiment qu'on aille là bas ? |
Ce soir, il fait terriblement froid : pluie et vent sont au rendez-vous. Nous nous couchons à 19h30 en espérant très fort que ça ira mieux demain car le réveil est réglé à 5h30. C’est censé être l’apothéose de la randonnée, le lever de soleil sur les fameuses Torres.
A 5h30 le lendemain, la tente est secouée dans tous les sens par le vent, nos sacs de couchage sont trempés et la pluie nous offre un sacré concert. Nous éteignons le réveil et tentons de nous rendormir, frigorifiées. A 8h30, lasses d’attendre la fin de la pluie, nous nous levons. Pendant que nous prenons notre petit déjeuner, la pluie se calme finalement. Quelques randonneurs courageux redescendent du point de vue et nous disent que, même si on ne voit pas grand-chose, ça vaut le coup d’y aller. De notre côté, nous pensons que si nous ne montons pas, nous n’aurons pas vraiment fait le dernier bras du W…
Allez, courage, nous partons en direction de las Torres. Il neige maintenant… Au fur et à mesure que nous montons, le ciel se dégage.
Juste avant l’arrivée au point de vue, le panorama se découvre :
L’arrivée est époustouflante, tous les randonneurs qui arrivent ne peuvent s’empêcher de crier « waaaaaoooouuuuu ! »
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| las Torres del Paine |
Le « W » est complété. Nous l’avons fait dans le vent, le froid, la pluie, la neige, le soleil, la fatigue mais toujours dans une bonne humeur et une joie de partager ces moments précieux :
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| mais quel magnifique W ! |
C’est le cœur un peu triste que je redescends dans la plaine. C’est toujours difficile pour moi de quitter un lieu. Achever une randonnée est encore plus difficile, le retour à la civilisation est toujours un choc, même si bien sûr j’attends avec impatience la douche et le lit qui m’attendent à Puerto Natales.
A l’arrivée, nous nous retrouvons tous ensemble pour ce que nous pensons être un dernier pot :
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| de gauche à droite : Michel, de Bordeaux, moi, Matthew l'Américain, Andrea l'Australienne et Encarnacion, Espagnole mariée à Michel |
Finalement, nous nous retrouverons encore le lendemain soir pour une super dernière soirée à manger des pizzas et boire du vin chilien à Puerto Natales, avant que chacun reprenne son chemin...
































Même sans être une randonneuse je me suis écriée WOUAAAOUH !!! bisou cousine !
RépondreSupprimerSarah.
Tes photos sont magnifiques, ca donne le vertige meme devant son ecran d'ordi alors en vrai tu dois vraiment en prendre plein la vue et plein les emotions !! Gros bisous
RépondreSupprimerQuelle rando ! Avec celle en Tasmanie, ce doit être un must dans ton tour du monde, je suppose. Et bravo pour le courage de braver les incertitudes, tant météorologiques que relationnelles.
RépondreSupprimerEn regardant la carte sur Gogolmappe, je me demande comment tu vas de Punta Arena à Torres del Plaine. Par la route ? En bus ? Et si oui, le bus est-il aussi rigolo que ceux décrits par Juliette dans son périple au Pérou ?
RépondreSupprimerj'avoue que l'épisode tente+pluie+vent n'est pas très tentant, mais ce W semble se mériter ... Bravo !
RépondreSupprimerT.A.T.A
somptueux ! on se prend en flagrant délit de rêve et d'escapade, assis dans notre fauteuil et on souhaiterais tellement être avec toi ! Ces drôle parce que les premières photos me font penser au décor du film alice au pays des merveilles ! Effectivement bizarre mais surement impressionnant ! en tout cas mille fois merci de nous faire partager ces moments magiques !
RépondreSupprimergros bisous du paradis ! fanny
Ménardos, pour le transport, je suis allée de Punta Arenas à Puerto Natales puis de Puerto Natales au parc Torres del Paine, le tout en bus. Les bus sont ultra confortables (Mercedes !) et ponctuels ici, rien à voir avec le folklore bolivien !
RépondreSupprimerNe serait-ce pas un Pisco Sour que tu buvais ce dernier jour?
RépondreSupprimerRien de tel pour le moral et en plus entourée de gens si charmants !!
;-))